Et si j’écoutais mon corps, que me dirait-il ?

Récemment, je vous parlais d’ancrage, cette pratique simple qui apporte sécurité, apaisement, et confiance.

Aujourd’hui, je vous propose un petit exercice, ou plutôt, une réflexion, un moment de pause. En tant que psychologue travaillant beaucoup en thérapies corporelles, j’ai souvent à rappeler une chose simple aux personnes que j’accompagne… Une chose simple mais souvent oubliée : « Vous avez un corps. ».

Par « corps », je ne parle pas d’une machine qui assure notre logistique quotidienne de survie, mais il s’agit de vous, de votre lieu de vie, de votre meilleur allié… Utilisez les mots qui vous conviennent, mais votre corps est intelligent, il conserve une trace de tout ce que vous vivez et avez vécu, même ce que vous pensez avoir oublié. Finalement, votre corps, c’est lui qui vous connaît le mieux ! Et il a plein de choses à vous dire et vous apprendre…

 

Alors, pourquoi ne pas l’interroger régulièrement ?

Quand je propose cet exercice aux personnes que j’accompagne, elles sont parfois un peu interloquées au départ, puis prennent de plus en plus de plaisir à le pratiquer, et l’intègrent rapidement dans leur quotidien.

Comme tout exercice, il a des variantes possibles. Trouvez la façon de faire qui vous conviennent le mieux !

 

Exercices pratiques :

  • Préparation :

Avec de l’entraînement, vous pourrez faire cet exercice partout (au bureau, dans votre lit, dans les transports…) en quelques minutes. Mais, au départ, je vous conseille de prendre un moment pour vous, une quinzaine de minutes au moins, dans un endroit ou vous pourrez être seul sans être dérangé.

Assurez-vous de ne pas avoir froid, et, si cela vous aide, créer une ambiance propice à la détente et l’introspection (bougies, musique douce, huiles et parfums, encens…)

Assurez-vous, si besoin à l’aide d’exercices, que vous êtes bien ancrés et enracinés. Posez vos deux pieds à plat, au sol, pieds nus ou en chaussettes.

Assurez-vous également de respirer, sans forcer, de la manière la plus douce et ample possible, avec votre ventre.

Prenez quelques instants simplement pour vous poser et vous déposer, confortablement installé.

Autant que possible, soyez dans une attitude de bienveillance et de compassion et de respect envers votre corps. Si vous sentez une émotion négative vis-à-vis de votre corps, verbalisez là et mettez-vous dans l’ouverture, par exemple : « Même si je ressens de la colère (ou autre) contre toi, je te respecte, t’aime et te remercie. »

Vous êtes prêts à démarrer !

 

  • Version 1 : Mon corps, qu’as-tu à me dire ?

Respirez amplement, sans forcer. Si cela vous aide, fermez les yeux.

Alors, adressez-vous à votre corps, au début à voix haute, le temps de se familiariser avec l’exercice. Trouvez vos propres mots, en incluant : un « bonjour », une demande, un remerciement. Inclure de l’humour peut beaucoup aider au départ !

Par exemple : « Je viens à ta rencontre ! Comment te sens-tu aujourd’hui ? De quoi aurais-tu besoin pour te sentir au mieux ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Merci de me dire tout ce que tu as à me dire, je t’écoute. »

Sentez ce que vous ressentez en parlant. Si vous ressentez de la gêne ou autre, ne jugez pas, simplement accueillez cette sensation.

Une fois votre question posée, mettez-vous simplement à l’écoute de vos sensations, de vos ressentis, de votre « petite voix » intérieure… Au départ, vous pourrez avoir la sensation de ne rien « entendre », ou pas grand chose. C’est absolument normal ! Pratiquez pendant quelques jours, quelques minutes plusieurs fois par jours si vous le voulez, et vous allez rapidement sentir ce que votre corps vous dit, et de plus en plus rapidement.

Ecoutez alors tout ce qui vient…

Cela peut venir sous différentes formes : des sensations (une douleur à un endroit, une chaleur, un frisson, de la fatigue, une tension générale…), des émotions (un peu de colère, de tristesse…), des idées, des images, des phrases (un lit, un massage, une douche, l’envie de marcher, de sortir dans la , de passer du temps entre ami, de danser…), des impulsions de mouvements (envie de sauter, de frapper du poing, d’émettre un son, de remuer les jambes…).

Une fois que vous avez bien écouté, prenez un temps pour intégrer tout cela, et voir comment cela « s’assemble ». Ceci vous est très personnel.

Remerciez alors votre corps, et faites en sorte de tenir compte de ses messages. Allez-vous prendre un bon bain chaud, marcher, simplement vous reposer, bouger… ? Vous n’avez plus qu’à organiser cela.

 

  • Version 2 : Face à face

Si la version 1 vous semble difficile car vous « débutez », cette variante est tout aussi efficace, et plus facile pour certains. Installez-vous confortablement et créer un espace et accueillant (siège, morceau de lit…) pour que votre corps s’y installe symboliquement. Imaginez alors que votre corps (ou une image qui le représente) s’assoit face à vous. Posez-lui alors vos questions, et écoutez ses réponses. Là encore, l’humour est très efficace !

Prenez un temps pour intégrer ces informations, trouver un moyen de les mettre en œuvre et remerciez votre corps.

 

  • Version 3 : Précisez votre dialogue

Lorsque vous aurez un peu de pratique, vous pourrez alors affinez votre dialogue intérieur et votre écoute attentive. Là encore,

Vous pourrez alors, toujours avec , bienveillance et douceur, poser des questions plus précises à votre corps, par exemple :

  • Vous avez mal aux épaules : « Qu’avez-vous à me dire mes épaules ? »
  • Vous avez une migraine : « Quel est le message ? Qu’est-ce que je peux faire pour me sentir mieux ? »
  • Vous êtes stressés : « Où se situe le stress dans mon corps ? Que faire pour extérioriser et apaiser ? »
  • Vous ressentez une émotion désagréable : « Pourquoi je ressens cette émotion ? Où est-elle dans mon corps ? Que faire pour prendre soin de cet endroit et de mon corps en général ?
  • Vous vous sentez trop tendu ou trop fatigué : « Quel est le message de mon corps ? De quoi aurait-il besoin pour se sentir moins tendu ou avoir plus d’énergie ? »

Soyez précis dans vos descriptions (par exemple, pour une douleur : le lieu, la surface, le type de sensation, l’intensité, l’émotion ou la pensée associée..), et laisser venir les idées, les associations d’idées, les images. Ne vous censurez pas, laissez remonter les messages de votre corps. Il vous guidera à l’origine du problème et une solution plus rapidement que vous ne le pensez !

N’oubliez pas de respirer, d’être ancré et d’être ouvert et bienveillant ! Et mettez une pointe d’humour quand vous sentez que votre mental prend le dessus !

Ces moments deviendront rapidement très agréables et très riches en informations et solutions efficaces et très précises !

Alors, si vous donniez la parole à votre corps, que vous dirait-il ?