Petit rappel sur l’estime de soi

Nous avons déjà parlé de l’estime de soi dans un précédent article (lien). En quelques mots, l’estime de soi est une représentation (et donc, pas une réalité objective) que l’on se fait de soi et de sa propre valeur en tant qu’être humain unique. Si elle est optimale, elle est positive : vous vous savez capable de plein de choses, connaissez vos qualités et votre potentiel.

Il arrive souvent que des personnes venant me consulter aient une image d’eux-mêmes négative, voire très négative. Leur balance interne (ce que je pense de positif ce moi versus ce que je pense de négatif de moi) est extrêmement déséquilibrée.

En tant que psychologue spécialisée en neuropsychologie, je propose alors, au cours d’une séance, deux exercices de thérapie cognitive et comportementale.

Ces exercices, en apparence très simples, se révèlent souvent la base à une prise de conscience de la nocivité au quotidien d’une mauvaise image de soi.

 

Préparation préalable

Avant de démarrer n’importe quel exercice que ce soit, prenez d’abord le temps de faire quelques respirations abdominales profondes, en veillant à détendre votre corps. Veillez également à bien sentir votre enracinement au sol, en frottant ou tapant les pieds au sol par exemple. Sentez-vous détendu et serein, le plus possible.

Tout au long de l’exercice, prenez bien soin de respirer et garder les deux pieds au sol.

assurez-vous d’être au calme, et de ne pas être dérangé.

 

Les face à face

  • Première étape :

Prenez deux chaises, et installez-les face à face, à environ 1 à 2 mètres l’une de l’autre. Pensez à toutes les choses négatives que vous pensez de vous (ce que vous estimez être vos défauts, vos échecs, vos difficultés…). Notez absolument tout cela dans votre tête.

A présent, demandez-vous depuis quand vous pensez cela de vous. Depuis votre enfance ? Votre adolescence ? Essayez d’imaginer à quel moment ces pensées négatives sur vous ont commencé à prendre vraiment la place principale. Si vous n’arrivez pas à dater, imaginez-vous alors enfant.

A présent, regardez la chaise vide en face de vous. Sur cette chaise, visualisez-vous vous-même, à l’âge que vous venez d’imaginer. Voyez-vous enfant, adolescent… imaginez alors que vous regardez ce double, ce « vous-même », dans les yeux.

A présent, dites-lui, en s’adressant à lui (« Tu es… »), tout ce que vous avez listé de négatif en début d’exercice… Ou, du moins, essayez de lui dire…

Je vous arrête immédiatement. L’objectif de cet exercice n’est absolument pas de dire du mal de soi. La plupart des personnes à qui j’ai pu le proposer n’ont (quasiment) rien pu dire. L’objectif de cet exercice est de réaliser à quels points ces pensées négatives sont :

  • Très violentes
  • Très toxiques
  • Fausses

Prenez vraiment le temps de sentir à quel point ces pensées peuvent vous blesser. Et à quel point aussi, puisque ce sont des pensées apprises, il est possible, au fil du temps, de faire de nouveaux apprentissages (voir mes autres articles sur le blog)

 

  • Deuxième étape :

A présent, toujours sur votre chaise, imaginez alors, sur la chaise en face, vous-même, tel(le) que vous l’êtes à cet instant, avec cette mauvaise image de soi. Si cela est plus facile pour vous, conservez votre double enfant de la première étape.

Fermez les yeux, et imaginez ce que cette personne aurait envie et besoin d’entendre. Formulez vos pensées de manière positive (par exemple, ne pensez pas « tu n’es pas méchant », mais « tu es bon »). En effet, notre cerveau ne traite pas facilement la négation.

Imaginez toutes ces pensées réconfortantes et positives que ce double voudrait entendre.

Ouvrez vos yeux et regardez votre double dans les yeux. Souriez-lui, avec bienveillance et compassion. Dites-lui alors toutes les affirmations positives auxquelles vous venez de penser. Laisser-vous aller, osez.

Si dire tout cela vous semble difficile, vous pouvez alors imaginer que vous êtes une personne bienveillante et aimante (un parent, un ami, un ange gardien…), qui s’adresse à votre double/ Il est vraiment important que vous puissiez énoncer toutes vos affirmations.

Ensuite, prenez le temps de sentir ce que cela vous fait (vos émotions, vos pensées, votre corps…). Respirez et sentez-vous enraciné au sol.

Cette étape est à refaire autant que vous le souhaitez !

 

La prochaine étape ? Vous dire toutes ces belles (et vraies !) phrases, le matin, face à votre miroir…

Pour ancrer dans votre corps et votre réalité ces expériences positives. Et pour ne jamais oublier à quel point vous êtes unique et formidable !