Nous avons toutes et tous un corps physique. Certes. Mais combien d’entre nous le sentons ? Réellement, pleinement, amoureusement ?

Notre rapport à notre corps n’est pas une si grande évidence… Le simple fait d’en parler comme différent de « Nous » est symptomatique… Symptomatique de ce rapport passionnel, conflictuel, faussement indifférent. De la partie de nous qui voudrait « un corps parfait qui ne se fait pas entendre, qui est en forme, souple, indolore, performant, corvéable à merci, que l’on puisse rabrouer, accabler de tout sans donner de droit de réponse autre que celui de se taire un peu plus… ». Bref, le contraire de ce qu’il est !!!

Dans ma pratique de thérapeute, je constate chaque jour à quel point le contact avec le corps est coupé, anesthésié, nié. Et à quel point, par voie de conséquence, le conscience de ses propres sensations corporelles, émotionnelles, énergétiques… est drastiquement appauvri.

Il est aussi bouleversant de constater les carences (affectives, émotionnelles, physiques…)  abyssales que certains ont pu vivre… A commencer par le cruel manque de contact physique, un besoin de base. Mais aussi les carences en écoute et reconnaissance des besoins. Et cela peut venir très très tôt… Cette interdiction à écouter son corps, la non légitimité de ses besoins au profit d’une anesthésiante suradaptation…

Mais notre propos n’est pas tant ici de triturer la genèse de notre coupure à nous-même que de commencer à renouer le contact avec son Soi profond, son corps.

Voici quelques propositions… Toujours à réaliser dans la douceur, la bienveillance, sans rien forcer et au rythme qui est bon pour vous.

 

1 – Ne vous culpabilisez pas et dites-vous MERCI !

Si vous vous êtes détaché de vous-même, vous aviez alors de très bonne raison ! Et vous pouvez vous féliciter sincèrement d’avoir su vous protéger, survivre, traverser des moments difficiles… en restant debout ! Certes, vous n’êtes plus tout à fait « dans » votre corps, mais il est certain que vous avez fait au mieux possible avec vos ressources du moment dans la situation donnée !!!

Et c’est capital de bien se dire ceci. Vous n’avez pas fait d’erreur, vous vous êtes protégée. c’est donc un acte d’amour, et ça change tout…

Vous pouvez dès lors commencer à vous dire que cette protection n’est peut-être plus utile aujourd’hui et remerciez-vous d’avoir pris soin de vous à un moment où cela vous a semblé nécessaire !

 

2 – Dites STOP !

Décidez…

Décidez de vous accorder des pauses quotidiennes, même de quelques secondes, seul et en silence, pour ne rien faire, aucun mouvement, et juste être présent à vous-même. Fermez les yeux et écoutez-vous. Bien sûr, il n’est pas impossible que le brouhaha mental vienne brouiller votre écoute. Le mental ne fait que son travail ! Laisser-le faire, portez votre attention ailleurs, sur votre respiration, votre peau, la chaleur de votre corps… Petit à petit, votre écoute va s’affiner…

Décidez également, comme un pacte très intime avec vous-même, que vous ne vous oublierez plus. Qu’à partir de ce jour, vous serez attentif à vos sensations et vos besoins.

 

3 – ECOUTEZ et ACCUEILLEZ

Explorez ces temps avec vous-même, écoutez et… accueillez. Vous avez eu de bonnes raisons de prendre vos distances avec votre corps. Ainsi, ce que vous pouvez ressentir au début peut être le reflet de ces états… Imaginez cela comme un dégel. Lorsque l’on est gelé, on ne sent plus rien, pas même la douleur. Lorsque l’on dégèle, on retrouve l’état antérieur un instant et l’on ressent intensément ! Accueillez, respirez, mettez les pieds dans le sol…

 

4 – RESPIREZ

Respirer = Sentir. L’équation est très simple mais rudement efficace. Respirez-vous ? Je veux dire, pleinement, de la gorge au fond du bassin ?

Sans jamais rien forcer, soyez attentif à votre respiration. Où est-elle ? Quelle est sa qualité ? Sa couleur ? Sa chaleur ? Pourrait-elle dans l’instant être un peu plus ample, profonde, douce…?

Posez une main sur la poitrine et l’autre sur le ventre. Vos deux mains se soulèvent-elles ?

Avant d’essayer quoi que ce soit, faites-vous simplement le cadeau d’observer ce qui est… Ce que cela vous dit déjà… Ensuite seulement, vous pourrez commencer à reprendre votre souffle

 

5 – ANCREZ-VOUS, REGARDEZ et TOUCHEZ

Tout comme la respiration, l’ancrage est un excellent et simple moyen de se reconnecter à ses sensations, ses besoins, tout en gagnant en sérénité. Je vous invite, pour éviter de me répéter, à lire cet article qui propose des pratiques variés !

Ensuite, regardez-vous ! Je veux dire, vraiment, et avec amour. Comme pour la première fois. Comme vous regarderiez le plus bel être au monde. Regardez le grain de votre peau, sa couleur, ses plis, ses ombres et lumières, toutes les nuances dans la couleur de vos yeux, le rosé de vos lèvres…

Enfin, commencez à doucement poser vos doigts que l’une de vos mains, comme pour en découvrir la texture, la chaleur,… pour la première fois. Soyez curieux et amoureux ! Fermez les yeux pour mieux sentir… Explorer ensuite d’autres zones, comme si vous débarquiez en terre inconnue et sublime ! Il est probable que beaucoup d’informations et de sensations vous parviennent, et que vous commenciez à changer de regard…

 

6 – Mettez du MOUVEMENT

Petit à petit, mettez du mouvement dans votre corps, avec le plus de spontanéité et de bienveillance possible. Je vous invite une nouvelle fois à trouver des ressources dans cet article sur le mouvement spontané.

Qu’est-ce que ça fait de bouger ? De ne pas bouger ? D’accélérer, de ralentir ? Quelle partie de mon corps ai-je ou non envie de mettre en mouvement ?

 

Explorer simplement, sans juger… Et refaites cela aussi souvent que possible… Comme une intime connexion à Soi, une histoire d’amour tellement, tellement belle…