Comment nous construisons notre vision du monde ? Quel rôle a le corps là-dedans ? Si j’écris cet article, c’est parce que j’entends très souvent que le corps n’est qu’une machine… Il n’en est rien !

J’ai toujours trouvé passionnant de voir à quel point le corps est « intelligent ». A quel point, même si cela ne paraît pas évident au premier abord, il œuvre à nous aider à faire au mieux et à nous construire. Aujourd’hui, ceci est largement confirmé par les neurosciences.

Ici, nous allons voir ensemble dans les très grandes lignes, comment notre corps est le premier médiateur de notre rapport au monde. Nous allons voir comment, à travers lui, nous nous construisons et nous vivons. Et comment il est un allié précieux de notre évolution…

Voyons donc quelques principes clés sur la place du corps dans nos apprentissages, dans la construction de nos connaissances et de notre vision de la vie.

 

1 – Tout passe par le corps !

Notre corps est notre premier contact au monde ! Celui par qui nous sentons, percevons, voyons, touchons, parlons, entendons… Il est le premier réceptacle et le premier filtre de ce que nous vivons, et, ainsi, tout ce que nous vivons est d’abord et avant tout une expérience corporelle.

Ce que nous vivons est en premier lieu perçu puis filtré par nos récepteurs sensoriels et corporels, depuis notre naissance (même avant). Ces expériences sont gardées en mémoire (une mémoire souvent inconsciente), et, au fur et à mesure des expériences répétées, des empreintes cérébrales et corporelles vont se graver. Ceci va aboutir à la construction de notre identité, en regard de ces expériences, positives ou négatives…

 

2 – Ma vision du monde est unique et en lien avec mon environnement

Chacun donc est singulier et à une vision personnelle, empreinte de ses expériences passées et présentes ! Il n’y a pas deux personnes au monde (même très proches ou de la même famille) qui ont une vision identique d’eux-mêmes et du monde. Ceci est très en lien avec l’environnement (famille notamment) dans lequel nous avons vécu.

 

3 – Cette vision évolue en permanence !

Cette vision n’est en aucun cas figée. Même si les expériences répétées du passé ont une empreinte forte, notre corps vit chaque jour des centaines d’expérience qui viennent actualiser nos connaissances et enrichir notre répertoire personnel.

 

4 – J’apprends en faisant l’expérience des choses

Il devient plus facile alors de comprendre que nous nous construisons en vivant les choses, en expérimentant ! D’où l’intérêt de faire et de pratiquer (exercices de respiration, pensée positive, ancrage…) pour créer une empreinte corporelle et cérébrale forte et durable.

 

Avant d’aller plus loin, faisons un premier point sur ce que je qui me semblent être de « bonnes nouvelles ».

Même si je peux aujourd’hui avoir la sensation que mon corps n’est pas totalement mon ami, il peut sans aucun doute devenir mon meilleur allié pour me comprendre, m’explorer et évoluer. Ma vision du monde est un reflet personnel de ce que j’ai vécu et dont mon corps garde une trace. Cette façon d’être dépend fortement de mon environnement intérieur et extérieur : ce que je suis n’est donc pas figé et immuable, je peux changer ! Je peux évoluer et modifier mes façons d’être, de penser, de faire.  Ce sont mes expériences qui font ce que je suis… Je peux donc faire de nouvelles expériences et inscrire de nouvelles façons d’être.

 

5 – Je peux faire de nouveaux apprentissages

Notre corps reste notre premier contact au monde tout au long de notre vie ! Et, même si, par exemple, certaines expériences difficiles peuvent avoir une empreinte plus forte que d’autre ou si peu d’expériences positives ont été vécues jusqu’à présent, de nouvelles expériences sont toujours possibles ! Multiplier les expériences positives ou nouvelles (quitte à faire un peu « artificiel » au début, comme lorsqu’on pratique des exercices de respiration) est un bon moyen d’ouvrir de nouvelles perspectives.

 

6 – Pour mon cerveau, penser à quelque chose, ou le faire, c’est (presque) pareil

Autre élément fondamental, montré dans de nombreuses études. Les neurones miroirs (mettre un lien) participent à cela. Il s’agit de neurones qui, en observant une personne en train de faire quelque chose, s’activent dans notre cerveau comme si nous faisons la même chose. Ceci est très utile au petit enfant qui apprend en imitant : le cerveau « joue » le comportement qu’il voit. A l’âge adulte, ceci fonctionne toujours autant ! Ainsi, que l’on imagine une action, une scène, ou qu’on la vive, le cerveau s’active quasiment de la même manière. C’est pour cela que, quand vous pensez à une situation agréable, vous commencez à sourire, comme si vous la viviez !

Ceci montre l’importance des exercices de visualisation positive, par exemple. Visualiser une situation de réussite équivaut pour le cerveau à une expérience de réussite !

 

7 – Plus j’expérimente, plus mon corps grave et remplace

Je l’ai dit plus haut, c’est la répétition des expériences dans le temps qui crée une empreinte. Ainsi, pour ancrer de nouvelles façons d’être ou de faire, et réellement acquérir de nouvelles sensations, il faudra multiplier les expériences. Par exemple, pour graver une expérience de sérénité, il faudra multiplier les expériences qui nous apaisent (marche dans la nature, écoute de musique…) et les exercices de relaxation. Au fur et à mesure, la sérénité deviendra s’inscrira dans le répertoire des expériences connues.

 

8 – Ceci est possible tout le temps, tout au long de la vie !

Ces apprentissages se font tout au long de la vie. Cela demande juste un peu de « discipline » et de créativité pour créer des opportunités d’expérimenter ! Nos récepteurs corporels et sensoriels restent actifs à tout âge.

 

Faisons un dernier point sur l’ensemble de ce que l’on vient de dire : il est possible, avec du temps et des méthodes particulières, d’apprendre d’autres façons d’être et de faire. En complément d’un travail sur les expériences qui peuvent nous bloquer dans notre vie quotidienne, il est indispensable de montrer à notre corps toutes les expériences positives qu’il est possible de vivre !

Ainsi, le corps se retrouve dans une spirale d’expériences positives et renoue avec sa vitalité profonde.

 

Note : Si vous êtes intéressé(e) pour approfondir ce sujet, contactez-moi et je me ferai un plaisir de vous donner des références scientifiques récentes (articles et livres).